Le projet de modernisation de l’aéroport de Lille comporte deux grands types d’opération :

  • Celles qui permettent de mettre l’aéroport en conformité avec les réglementations futures (qui constituent le scénario de référence, sans projet).
  • Celles qui visent à adapter l’aéroport aux trafics futurs (le scénario projet).

N.B. : Le projet est amené à évoluer pour répondre aux enjeux déjà identifiés, ou qui le seront lors de la concertation préalable. Il s’agit ici d’une présentation du projet au stade d’avancement actuel avec des propositions de variantes pour certains éléments.

Plusieurs travaux devront être effectués pour adapter l’aéroport aux évolutions réglementaires, même sans le projet de développement :

Ces travaux « obligatoires » apparaissent également dans le scénario projet.

Localisation des aménagement projetés

Localisation des zones de travaux

La modernisation du terminal

La configuration actuelle du terminal comporte plusieurs difficultés :

  • Le terminal est encombré à cause de la concentration des flux ;
  • La rampe d’accès pour les véhicules est régulièrement surchargée et sa proximité avec l’aérogare présente des risques en termes de sûreté ;
  • Les salles d’embarquement en Zone Côté Piste manquent d’espace ;
  • L’aérogare manque de visibilité, notamment à cause d’une façade de parking côté ville, et n’offre pas aux passagers l’image attendue d’un terminal aéroportuaire.

Plusieurs aménagements sont envisagés dans le cadre de la modernisation du terminal :

  • La démolition de la rampe et du parking existants ;
  • La réhabilitation de l’aérogare existante, et notamment le réaménagement complet du niveau 2 (16 150 m² réhabilités, dont 8 000 m² au niveau 2) ;
  • Le développement de l’aérogare dans la continuité du bâtiment existant : d’une surface actuelle de 18 000 m², l’aérogare aura une surface à terme 33 400 m².

Cette opération de modernisation consiste essentiellement en la séparation des flux passagers en arrivée et en départ, ainsi qu’en la recherche d’optimisation des fonctions d’exploitation et de maintenance.

Les différents niveaux de l’aérogare seront réorganisés selon des fonctionnalités précises :

  • Le niveau 0 conservera des bureaux liés à l’exploitation ainsi que des locaux techniques. Le tri-bagage départs et le tri-bagage arrivées seront restructurés. Enfin, de nouvelles fonctions seront installées dans l’extension : une salle de livraison des bagages, un hall d’arrivée, des douanes, un hall vertical de départs assurant le lien entre le niveau 0 et 2, des locaux supports tri-bagages ainsi que des locaux techniques.
  • Le niveau 1 conservera également des bureaux liés à l’exploitation et des locaux techniques. Avec le projet, ce niveau comportera une extension des bureaux, un nouveau point de contrôle transfrontière en immigration, ainsi que des cheminements d’arrivées Schengen et non-Schengen.
  • Le niveau 2 constitue l’aérogare, espace principal de transit des passagers. Toutes les fonctions actuelles seront réorganisées : le hall départs, l’enregistrement, les Points d’Inspection Filtrage (PIF), le contrôle transfrontière, les salles d’embarquement Schengen, les commerces, et les espaces d’accueil du public avant enregistrement.

Le niveau 2 comportera également une « jetée », nouvellement réalisée. Cette jetée accueillera des salles d’embarquement flexibles (Schengen ou Non-Schengen) et 4 pré passerelles d’embarquement seront créées.

Projection du projet de modernisation de l’aéroport

Préfiguration de la modernisation du terminal
©Vize / Enia Architectes

Les travaux côté piste

Côté piste, trois opérations sont envisagées :

  • La réalisation d’accotements pour la piste principale. Ces travaux interviendront sur une emprise totale de 3,91 ha. La piste n’est pas allongée et aucune nouvelle piste n’est créée.
  • L’ajout d’un Taxiway, qui pourrait être réalisé avec des matériaux visant à limiter l’imperméabilisation des sols.
  • L’extension de l’aire de trafic B (le parking avions), sur une emprise d’environ 2,73 hectares.

Le chemin de ronde périphérique

Le projet intègre la réalisation d’un chemin de ronde périphérique d’une longueur d’environ 9 kilomètres et d’une largeur utile de 3 mètres permettant la réalisation de patrouilles le long des clôtures existantes, sur la totalité de la périphérie de l’aéroport. Cet aménagement répond à des obligations réglementaires en matière de sécurité. Le chemin de ronde pourrait être traité avec des matériaux limitant l’imperméabilisation des sols.

L’aménagement du parvis multimodal paysager

L’accès actuel à l’aérogare se fait par le rond-point Ouest, via une rampe menant au niveau 2. Cette dernière, dimensionnée pour le trafic accueilli lors de la construction en 1996, ne répond plus aux contraintes d’accessibilité actuelles.

Aussi, dans le cadre de la modernisation du terminal et de ses aménagements, il est prévu de démolir les rampes et le parking, et de mettre en place un parvis multimodal adapté à l’augmentation du trafic et à l’évolution des modes de transport.

Le risque de saturation à court ou moyen terme doit être vérifié et une réflexion globale en amont de la plateforme (A1-A23) doit être engagée. Une étude de trafic permettant de répondre à cette interrogation sera accessible au public mi-2021, dans le dossier d’évaluation environnementale.

Nouvel aménagement du parvis multimodal

Nouvel aménagement du parvis multimodal
©Vize / Enia Architectes

L’aménagement des parkings et ses variantes

Le projet prévoit que la capacité de stationnement en surface soit adaptée à l’évolution du trafic. Cela prend notamment en compte la Part modale des transports en commun, qui est actuellement de 5% et qui atteindra 17% à l’horizon 2039, selon les estimations.

Dans le cadre de l’opération de réaménagement du parvis multimodal, il est prévu la suppression des actuels parkings P3, P4 et P5. Selon les estimations, le nombre de places de stationnement à créer est de 1 722 places. A terme, l’aéroport comportera 4 parkings.

Le parking P2

La réhabilitation du P2 est prévue au sein du projet et comprend des places permettant la recharge des véhicules électriques.

Le parking P7

Sera ensuite développé un nouveau parking actuellement dénommé P7 (il sera renommé par la suite) pour compléter l’offre de stationnement en plusieurs phases au regard des besoins.
Le parking P7 est prévu en plateforme au nord du P6, cela dit des remarques sont émises par la MEL et la DDTM car le positionnement actuel se situe dans l’Aire d’alimentation de captage.
Il faudra étudier des alternatives permettant de limiter l’impact du projet de stationnement par la réduction de la surface artificialisée et l’évitement de la zone située dans l’Aire d’alimentation de captage.

Localisation des opérations relatives au stationnement – solution initiale et variantes à l’étude

Les études d’opportunité d’un projet immobilier

Des opérations immobilières, d’une surface de plancher globale d’environ 40 500 m², font l’objet d’une étude d’opportunité. Elles s’inscriraient dans le cadre de la volonté de l’aéroport d’accompagner la croissance du trafic, en développant l’offre de services aux passagers et aux usagers.

Les opérations seraient constituées à moyen terme de lots d’activité ou de petite logistique, et à plus long terme de bureaux, voire le cas échéant d’un hôtel 2/3 étoiles suivant l’analyse de marché.

Des réflexions sont en cours et un développement en deux temps est envisagé :

  • Au Nord-Est, sur une emprise de 2,61 ha, l’objectif est de développer à moyen terme plusieurs lots de 500 m² à 1 500 m² dédiés à la petite logistique, aux locaux d’activités, ou aux entrepôts.
  • A l’Ouest, sur une emprise foncière qui reste à préciser, l’objectif est de développer une opération tertiaire comprenant plusieurs lots de bureaux d’environ 4 000 m² de surface de plancher chacun.

Localisation des opportunités immobilières – solution initiale et variantes à l’étude

Localisation des opportunités immobilières - solution initiale et variantes à l’étude

Compte tenu de la forte activité du territoire, les déplacements constituent un complément au projet, à moyen et long terme : le projet lui-même prévoit des améliorations, sous maîtrise d’ouvrage de l’aéroport, et qui permettront d’augmenter sensiblement la Part modale des transports en commun.

La part modale de transports en commun représente aujourd’hui 5% des déplacements vers l’aéroport. L’exploitant aéroportuaire œuvre pour qu’elle puisse atteindre 12% en 2030 et 17% en 2039.

L’objectif d’évolution de la Part modale des transports en commun de 5 à 17% n’est consécutive qu’aux seules actions menées par l’exploitant (augmentation des navettes, gare routière pour les services librement organisés (SLO) d’autocars.) et ne prend pas en compte les évolutions qui pourraient être engendrées par les décisions des autorités organisatrices de mobilité.

A ce stade, l’aéroport a engagé des initiatives dans son champ de compétences pour atteindre cet objectif.

  • Augmenter la fréquence de la navette reliant le centre-ville (Navette Euralille), afin d’offrir un service fluide et adapté à la demande des passagers.
  • Création d’une gare routière au sein de l’aéroport, suivant la politique de développement durable d’Aéroport de Lille SAS.

Au-delà du périmètre de la concession, l’aéroport n’a pas autorité en ce qui concerne la desserte en transports en commun, qui relève des autorités de transport. Il œuvre toutefois auprès des acteurs territoriaux du transport (MEL, Région) afin d’optimiser les différents dispositifs de desserte.

  • Développer les lignes métropolitaines.
  • Développer les lignes régionales.
  • Développer les dessertes par les services librement organisés (SLO) d’autocars.

Projection du réseau de desserte de transports en commun de l’aéroport à long terme

Réseau de desserte en transport en commun de l’aéroport de Lille identifié par l’aéroport pour le développement de sa desserte.

Enfin, l’aéroport soutient la recherche de solutions de desserte innovantes et les projets de transports en commun qui le concernent. Il participe à leur élaboration en coordination avec les autorités compétentes (voir encadré ci-dessous). Ces projets à plus long terme viendront s’ajouter aux efforts d’amélioration de la desserte de l’aéroport.

Afin d’atteindre l’objectif de 17% de Part modale des transports en commun en 2039, Aéroport de Lille SAS s’est engagé à accompagner et à promouvoir toutes les réflexions, études et travaux visant à améliorer la desserte en transports en commun de l’aéroport et de son environnement proche.

Le SMALIM a engagé la réalisation d’études de solutions de mobilité innovante desservant l’aéroport de Lille-Lesquin. Le SMALIM s’est par ailleurs prononcé sur la possibilité de mettre à disposition si nécessaire des emprises foncières non concédées permettant d’accueillir des stations de transport lourd ainsi que des parkings relais qui participeraient au désengorgement des flux.

En parallèle de ces études, Aéroport de Lille SAS s’est engagé à réfléchir à d’autres solutions innovantes de transport.

Cependant, le choix entre ces différentes opportunités n’a pas encore été fait et aucune étude opérationnelle n’a été initiée par les autorités organisatrices de transport territorialement compétentes.