À ce stade du projet, les différentes études sont en cours pour connaître l’état initial et évaluer finement les enjeux du projet. Les incidences du projet présentées ci-dessous constituent donc une première approche.

Les impacts socioéconomiques attendus sont positifs, à travers l’activité que le projet devrait apporter à la métropole et à la région et les emplois qui pourraient être créés. Le maître d’ouvrage est par ailleurs très vigilant quant aux incidences sur l’environnement humain et naturel. L’étude d’impact, qui sera réalisée dans le cadre de l’évaluation environnementale à laquelle le projet est soumis, permettra de définir précisément les impacts du projet et de déterminer les mesures d’évitement, de réduction et de compensation les plus appropriées.

Les différentes études mentionnées seront disponibles mi-2021, dans le dossier d’enquête publique.

Le projet permettra le développement de l’économie et l’attractivité touristique de la Métropole lilloise et de la Région Hauts-de- France. Les retombées socio-économiques directes, indirectes et induites seront appréciées dans l’évaluation-socio-économique, qui n’est pas encore réalisée. A ce stade, l’effet du projet est pressenti comme positif, la modernisation de l’aéroport visant à pérenniser et à développer une activité économique majeure du territoire de l’agglomération lilloise. Le projet, en améliorant la qualité des services proposés par le territoire lillois, est source de connectivité et donc d’attractivité, notamment en termes de tourisme et d’affaires.

Estimation des emplois créés par le projet (en équivalent temps plein)

Estimation du nombre d’emplois créés par le projet

L’impact potentiel sur l’environnement sonore

L’aéroport de Lille-Lesquin est une infrastructure génératrice de bruit et fait l’objet d’un Plan d’Exposition au Bruit (PEB), qui permet de limiter l’urbanisation autour de l’aéroport. Le PEB de l’aérodrome de Lille-Lesquin a été approuvé le 15 janvier 2009, et concerne 16 communes.

Le plan d’Exposition au Bruit 

Zones d’exposition au bruit

D’après le PEB, 4 600 personnes sont exposées aux nuisances sonores de l’aéroport. Elles sont situées dans la zone C (230 personnes) et dans la zone D (4370 personnes).

Le PEB établit par ailleurs des hypothèses de trafic aérien pour l’aéroport.Les projections envisagées par le projet à l’horizon 2039 (24 729 mouvements commerciaux avec passagers) restent également largement inférieures aux hypothèses prises par le PEB. Cela est notamment rendu possible grâce à l’augmentation de L’emport moyen.

Le schéma de développement de l’aéroport est basé sur une stratégie d’augmentation de L’emport moyen. Cette stratégie permet d’augmenter le trafic passagers (le nombre de passagers), sans faire augmenter aussi rapidement le trafic aérien (le nombre de vols). Cela s’explique notamment par un meilleur taux de remplissage des avions, ainsi que par l’augmentation de la taille des avions. L’emport moyen par avion est ainsi déjà passé de 68,8 passagers en 2009 à 103,6 passagers en 2019.

 

Déjà actif sur la question des nuisances sonores à travers la Commission consultative de l’environnement (CCE) et le Sivom Grand Sud, l’aéroport de Lille a pris plusieurs engagements pour limiter les nuisances sonores.

Les principaux engagements de l’aéroport de Lille sont les suivants :

  • Renouveler le système de mesure de bruit et de suivi des trajectoires ;
  • Mettre en place une modulation horaire et acoustique de la redevance d’atterrissage, pour inciter les compagnies à limiter les vols de nuit et à renouveler leurs flottes ;
  • Aménager la redevance de stationnement de nuit pour encourager les compagnies aériennes à stationner leurs avions la nuit sur ses aires de parking, dans la mesure où ils n’effectueront pas de vols nocturnes ;
  • Participer aux travaux d’élaboration du Plan de Gêne Sonore et assurer – à terme – le traitement des demandes d’insonorisation des logements de riverains ;
  • Assurer le dialogue, l’échange et la concertation pour une intégration durable de l’aéroport dans son voisinage.

L’impact potentiel sur la qualité de l’air

Le projet devrait faire évoluer le nombre de mouvements d’avions de 12% entre 2019 et 2039 ; et faire augmenter le flux routier, en lien avec l’augmentation initialement prévue de 78% du nombre de voyageurs entre 2019 et 2039.

Le projet devrait donc générer une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, majoritairement par l’augmentation du trafic aérien puis routier, et légèrement par celui des activités et installations de l’aéroport.

Le secteur aérien prend des mesures environnementales pour réduire son impact : amélioration de la performance des avions, biocarburants…

De plus, l’amélioration de l’offre aérienne sur l’aéroport de Lille-Lesquin devrait tendre à diminuer des trajets routiers effectués aujourd’hui vers les aéroports de Charles De Gaulle, Bruxelles ou Charleroi.

La réduction des impacts sur la qualité de l’air passera également par l’augmentation de la performance des installations aéroportuaires (remplacement de l’usage des moteurs auxiliaires des avions par des installations électriques au sol).

L’étude de la mise en place d’une modulation de la redevance d’atterrissage selon les émissions de polluants constituera également une mesure de réduction.

Les inventaires écologiques étant en cours de réalisation, il est à ce jour prématuré de statuer sur cette thématique. Les premiers passages sur le terrain ont cependant pu confirmer l’absence de zone humide et la présence d’une avifaune diversifiée. Le projet devra par ailleurs considérer la proximité de deux sites Natura 2000, le site des « Cinq Tailles » et celui du « Bois de Flines-lez-Raches et système alluvial du courant des Vanneaux », ainsi que la présence de la Réserve Naturelle Régionale du « Héron ». Les mesures de compensation des impacts seront définies en fonction des résultats de l’étude d’impact, qui sera disponible mi-2021.

La ressource en eau, un point d’attention majeur

Le projet va entraîner l’imperméabilisation de surfaces supplémentaires, estimées à 17,2 hectares dans le scénario projet (au plus défavorable et en considérant le projet de développement immobilier), soit une augmentation de 18% des surfaces imperméabilisées par rapport à l’état existant.

La création d’une nouvelle surface imperméabilisée provoquera une augmentation du volume d’eaux pluviales générées au droit de la plateforme aéroportuaire. La nature des flux de polluants susceptibles de s’écouler sera la même que dans le fonctionnement actuel de l’aéroport. La gestion des eaux pluviales s’appuiera sur les mêmes principes que ceux existants, à savoir l’infiltration des eaux pluviales après passage dans des bassins de rétention.

La nappe de Craie, ressource stratégique pour l’alimentation en eau potable de la MEL, est présente au droit du projet. Les champs captant du sud de Lille fournissent en moyenne 40 % de l’eau potable redistribuée sur la collectivité.

L’aéroport a mis en place des mesures de protection sur les emprises de la concession afin de protéger la nappe de Craie (limitation de l’imperméabilisation, collecte et traitement des eaux pluviales, suivi de la qualité des eaux infiltrées, etc).

En raison de la sensibilité du site, une étude hydrogéologique est en cours pour bien connaitre le contexte et évaluer les impacts du projet. Elle sera disponible mi-2021.

Le changement climatique

Le secteur de l’aviation représente aujourd’hui entre 2,5 et 3% des émissions totales de CO2 à l’échelle planétaire, la source d’émission majeure étant le carburant. L’impact du secteur aérien s’élèverait à 4,9% du réchauffement climatique mondial.

Le projet devrait générer une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, majoritairement par l’augmentation du trafic aérien puis routier, et légèrement par celui des activités et installations de l’aéroport.

A ce stade du projet, il n’est pas possible d’anticiper précisément l’impact sur le climat. Dans le cadre de l’étude d’impact, un bilan des consommations énergétiques et émissions de gaz à effet de serre sera réalisé.

Afin de réduire les incidences sur le changement climatique et de réduire les gaz à effet de serre, l’aéroport s’est engagé dans différentes mesures :

  • La démarche Airport Carbon Accreditation (ACA). L‘aéroport de Lille-Lesquin vise à l’horizon 2027 le niveau 3+ (niveau maximum), correspondant à une réduction carbone maximale, et à la compensation des émissions résiduelles.
  • La conversion à l’électricité des équipements diesels.
  • La mise en place de bornes de recharge pour véhicules électriques.
  • Le développement des énergies renouvelables, avec l’étude d’un recours à la géothermie et le développement de production photovoltaïque.
  • Le développement continu de L’emport moyen et l’optimisation de la flotte d’avions.

Plusieurs mesures permettront de limiter les émissions de gaz d’échappement et donc l’impact du chantier sur le climat :

  • Les engins de chantier respecteront les normes d’émission en matière de rejets atmosphériques ;
  • Les déplacements sur le chantier seront optimisés notamment au travers de la mise en place de plans de circulation ;
  • La limitation de la vitesse de circulation à 30 km/h sur le chantier ;
  • L’interdiction de brûler des déchets sur le chantier.

Les informations sur les matériaux, le nombre d’engins et leur déplacement n’étant pas connues à ce stade du projet, la quantité de GES émise n’a pas encore pu être calculée.

Le bruit des engins et des opérations de terrassement et d’aménagement seront réduits par la mise en place de mesures en phase chantier :

  • Intégration du paramètre « bruit » dans le plan d’installation de chantier ;
  • Choix d’engins et de technologies les moins bruyants ;
  • Amélioration des approvisionnements des matériaux et des équipements permettant de limiter les trafics d’engins sur le site ;
  • Planification des interventions exceptionnellement bruyantes sur des créneaux horaires peu sensibles.

Enfin, les entreprises de travaux devront respecter une charte de « chantier à faible impact environnemental ».