Le projet de modernisation de l’aéroport de Lille-Lesquin vise trois principaux objectifs.

Les plateformes aéroportuaires sont soumises à des évolutions réglementaires continues. Afin de conserver sa certification et ses autorisations à opérer, l’aéroport de Lille-Lesquin devra, avec ou sans projet de développement, conduire plusieurs opérations pour pouvoir continuer son activité. Ces changements réglementaires concernent aussi bien les normes de sécurité liées aux évolutions des avions en vol ou au sol (accotements, Taxiways) que la sûreté de l’aéroport, notamment face au risque terroriste, interne (tri et contrôle des bagages de soute) et externe (protection du bâtiment et des abords).

Les évolutions des normes réglementaires permettent d’adapter les plateformes face aux risques de sûreté, notamment le risque terroriste, et aux risques de sécurité, notamment de sécurité sanitaire.

Un terminal saturé

Dimensionné pour un trafic annuel de 1,5 millions de passagers lors de sa mise en service en 1996, le terminal a depuis fait l’objet de réaménagements intérieurs successifs, afin de répondre aux évolutions réglementaires et d’adapter le bâtiment aux besoins pour l’accueil des passagers.

Avec un trafic annuel en 2019 proche des 2,2 millions de passagers, ce terminal atteint certains jours le seuil de saturation, notamment en saison estivale.

Durant les périodes de forte affluence, les voyageurs sont confrontés à plusieurs difficultés : saturation des salles d’embarquement, des halls arrivées, des parkings et de la rampe d’accès routier, files d’attente aux banques d’enregistrement et aux Postes d’Inspection Filtrage, nombre limité de postes avion au contact, impliquant de prendre le bus ou de marcher pour embarquer. Enfin, ce niveau de saturation est moins conciliable avec les règles de prévention sanitaire. Ces périodes de congestion seraient de plus en plus fréquentes si l’aménagement de l’aérogare n’est pas repensé, et entraîneraient notamment une diminution de la qualité de service.

Même en recherchant toutes les optimisations possibles en matière de programmation des vols (lissage des effets de pointe), dans la situation actuelle, la capacité du terminal passagers serait limitée à un trafic évalué entre 2,4 et 2,6 millions de passagers par an. Cette saturation provoquerait par ailleurs une dégradation du niveau de services de l’aéroport. D’après les projections réalisées (avant la crise de la Covid-19), cette saturation pourrait être atteinte dès 2023.

Capacité du terminal avec et sans projet

Capacité du terminal en l’absence de projet et avec le projet

Améliorer la qualité de services et l’accueil des passagers.

Aéroport de Lille SAS, à travers le programme de développement qu’il a soumis à l’autorité délégante (SMALIM) dans le cadre de la procédure d’appel d’offre, souhaite notamment offrir un environnement et une expérience positive aux passagers. L’aéroport est l’une des principales vitrines du territoire ; la qualité de service est en ce sens un élément structurant du projet de modernisation de l’aéroport.

Le projet prévoit ainsi une amélioration des services et de l’accueil offerts aux passagers, afin que ces derniers puissent bénéficier d’une expérience qualitative lors de leur passage au sein de l’aéroport, quelle que soit l’affluence. L’infrastructure étant une porte d’entrée internationale pour le territoire, elle doit renvoyer une image moderne et dynamique de la Région et de la Métropole.

Ainsi, le réaménagement du terminal améliorera le confort des passagers et l’ambiance de l’espace, et permettra d’assurer un accueil optimal, même en heure de pointe.

Un potentiel de développement dans la zone de chalandise

Le scénario de croissance sur lequel se fonde le projet s’appuie sur des potentialités issues d’une analyse de la situation actuelle en matière d’offre aérienne, d’attractivité de la zone de chalandise et de compétitivité aéroportuaire.

La Métropole Lilloise concentre une forte densité de population et profite d’une activité économique riche, diversifiée et internationale (2ème métropole française la plus attractive en termes d’investissement).  L’aéroport de Lille-Lesquin bénéficie, de plus, d’une position centrale au cœur de trois capitales européennes que sont Londres, Bruxelles et Paris. Au regard de ce dynamisme économique, l’aéroport est une infrastructure nécessaire pour le territoire, et doit correspondre aux standards aéroportuaires internationaux.

Le besoin en termes de déplacement aérien est avéré. En effet, en 2017, 12,6 millions de voyages aériens ont été effectués dans la zone de chalandise de l’aéroport. Parmi ces 12,6 millions de voyages, seuls 15% (soit près de 1,9 million) se sont effectivement faits au départ de l’aéroport de Lille ; pour les autres voyages, les passagers sont obligés de se retourner vers d’autres aéroports plus éloignés.

Parts de marché dans la zone de chalandise en 2017

Parts de marché dans la zone de chalandise en 2017

Des hypothèses de croissance du trafic mesurées

Le scénario de croissance retenu pour le projet vise 3,9 millions de passagers à l’horizon 2039, soit une croissance annuelle de moins de 3% (et plus de deux fois inférieure à l’évolution constatée entre 2009 et 2019). Le projet prévoit ainsi un développement du trafic modéré, tout en l’optimisant, notamment grâce à l’augmentation de L’emport moyen.

Evolution du nombre de mouvements commerciaux et du nombre de passagers entre 2009 et 2019

Projections de trafic dans le scénario de référence et le scénario projet
Projections de trafic dans le scénario de référence et le scénario projet

L’impact de la crise sanitaire de la covid-19 sur les prévisions de trafic aérien

Les projections présentées précédemment ont été réalisées avant la crise sanitaire de la Covid-19. Selon une analyse du trafic à court terme (étude réalisée par le cabinet Arthur D. Little en avril 2020), le trafic en 2020 est fortement impacté par la crise, avec une diminution de 60% du trafic passagers, soit un total prévu de 950 000 passagers en 2020.

En 2019, le trafic s’élevait à 2 189 221 passagers. Un premier test de sensibilité a depuis été réalisé en avril 2020, avec l’hypothèse d’un trafic de 950 000 passagers en 2020, puis une remontée progressive à l’horizon 2023 du niveau de trafic enregistré en 2019. L’hypothèse la plus basse de ces scénarios pessimistes aboutit à une estimation de 3,4 millions de passagers à l’horizon 2039 à l’aéroport de Lille. Ces estimations pourront être revues en fonction de l’évolution de l’impact à long terme de la crise sanitaire.

Projections de trafics réalisées en tenant compte de l’impact « COVID »

Projections de trafics réalisées en tenant compte de l’impact « COVID »

Permettre aux habitants de la région de prendre l’avion au plus près de leur domicile

L’aéroport de Lille souhaite améliorer son offre pour la mettre en adéquation avec les besoins des habitants de la région. Pour cela, l’aéroport doit améliorer les destinations, les fréquences, la desserte et l’accessibilité de l’infrastructure. Cela permettra d’une part un plus grand confort pour les habitants de la région et, d’autre part, une diminution des déplacements en voiture pour atteindre des aéroports plus éloignés (Roissy-Charles de Gaulle, Bruxelles et Charleroi).

Développer des destinations nationales et internationales pour répondre aux besoins des habitants de la région

L’aéroport de Lille dispose historiquement d’un réseau domestique dense et qualitatif vers toutes les principales villes de région françaises. Ce réseau sera maintenu avec une offre de transport répondant aux trois grandes catégories de passagers qui les utilisent : passagers d’affaires, visites familiales, et touristes.

Le programme de développement des destinations générera une croissance régulière et raisonnable. Il sera accompagné de la mise en service d’avions de plus grande capacité, afin d’améliorer L’emport moyen par rapport à la flotte actuelle desservant l’aéroport de Lille.

Destinations actuelles et projetées

Destinations actuelles et projetées

Une complémentarité train / avion pour consolider le réseau de transport domestique

La stratégie de développement de l’aéroport ne vise pas à relier les destinations facilement accessibles en train, afin de favoriser les infrastructures ferroviaires existantes. L’aéroport de Lille ne propose en effet aucune destination qui soit accessible en train en moins de 2h30. Lyon se trouve à minimum 3h de train de Lille, tandis que pour se rendre à Nantes, le trajet en train dure plus de 4h. L’aéroport n’est donc pas concerné par la décision gouvernementale de supprimer les vols intérieurs accessibles en moins de 2h30 en train.

La région des Hauts-de-France dispose d’une offre de transport ferroviaire large et diversifiée qui permet aux voyageurs de choisir le moyen de transport en fonction de leur besoin, confirmant la complémentarité, et non la substitution, entre l’avion et le train. Par exemple, le trajet en TGV vers Bordeaux n’autorise pas – ou difficilement – un aller-retour professionnel dans la même journée.

Positionnement de Lille dans un réseau de transport à plus grande échelle

Positionnement de Lille dans un réseau de transport à plus grande échelle